L'objectif européen « zéro émission en 2035 » — autrement dit la fin de la vente de voitures thermiques neuves — semblait gravé dans le marbre. Sauf que les signaux politiques de 2025-2026 montrent que ce calendrier pourrait bouger. On décrypte les enjeux.
Ce que dit la réglementation actuelle
En juin 2022, le Parlement européen a voté l'interdiction de la vente de voitures neuves à moteur thermique (essence, diesel, hybride) à partir de 2035. Seuls les véhicules 100 % électriques (ou hydrogène) pourront être immatriculés.
Un compromis a été ajouté sous pression allemande : les carburants de synthèse (e-fuels) seraient autorisés après 2035 si un cadre réglementaire est défini. Mais en mars 2026, ce cadre n'existe toujours pas.
Pourquoi la date est menacée
Plusieurs facteurs convergent pour remettre en question le calendrier :
- Les constructeurs européens souffrent. VW, Stellantis, Renault alertent sur les surcoûts de la transition. Les amendes CAFE (pour non-respect des objectifs de CO₂ de flotte) pourraient atteindre des milliards dès 2025.
- L'Italie et la République tchèque mènent un groupe de pays demandant officiellement un report. L'Allemagne hésite. La France reste neutre.
- Le ralentissement des ventes VE en 2024-2025 inquiète. La transition va moins vite que prévu, surtout dans les segments populaires.
- Le contexte géopolitique : dépendance aux batteries chinoises, coût des matières premières (lithium, cobalt), tensions commerciales USA-Chine-UE.
- Le lobby e-fuel (soutenu par Porsche et l'Allemagne) continue de pousser pour une exception carburants synthétiques plus large.
La clause de révision 2026
Le règlement prévoit une clause de révision en 2026. La Commission européenne doit évaluer les progrès et pourrait proposer des ajustements. C'est cette clause qui cristallise tous les espoirs de ceux qui veulent repousser ou assouplir l'échéance.
Les scénarios les plus discutés :
- Report à 2040 : le plus probable si la pression politique monte. +5 ans donneraient de l'air aux constructeurs et au réseau de recharge.
- Exception pour les hybrides : autoriser les hybrides rechargeables au-delà de 2035, en imposant un minimum de km parcourus en électrique.
- Exception e-fuels élargie : ouvrir la porte aux carburants synthétiques sans limite de niche, ce qui reviendrait à maintenir le thermique indéfiniment.
- Maintien de 2035 : si les ventes VE reprennent et que les prix baissent suffisamment, la date pourrait être confirmée.
Ce que ça change pour l'acheteur
Si vous achetez une voiture en 2026, que faut-il anticiper ?
- Acheter un thermique reste possible — et le sera au moins jusqu'en 2035. Pas de panique si l'électrique ne vous convient pas encore.
- Le malus va continuer à augmenter. Que la date soit repoussée ou non, les barèmes CO₂ se durcissent chaque année. Les voitures thermiques coûteront de plus en plus cher à immatriculer. Calculez votre malus 2026.
- Les ZFE (Zones à Faibles Émissions) restreignent déjà l'accès des véhicules les plus polluants. Même si 2035 est repoussé, un diesel Crit'Air 3 ne pourra plus circuler dans les grandes villes bien avant.
- La revente d'un thermique neuf acheté en 2026 pourrait être compliquée en 2032-2035. La décote des thermiques devrait s'accélérer à mesure que l'échéance approche. Estimez la décote.
Que retenir ?
La date de 2035 sera très probablement assouplie ou repoussée, mais la direction est claire : l'électrification du parc automobile est irréversible. Repousser de 5 ans ne change pas la tendance de fond — ça ajuste simplement le rythme.
Le meilleur conseil : ne choisissez pas votre voiture en fonction d'une date réglementaire, mais en fonction de votre usage et de votre budget réel. Posez vos chiffres dans le calculateur TCO et comparez objectivement.

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